Munich : l’après 5 septembre 1972 raconté par Spielberg

The ARTchemists Munich

Munich – 5 septembre 1972 : alors que les Jeux olympiques battent leur plein, des terroristes du groupe Septembre noir prennent en otages des athlètes israéliens. Tous y laisseront la vie. La réponse israélienne est immédiate : les bases de l’OLP, situées en Libye et en Jordanie, sont bombardées. Mais cela ne suffit pas : l’exécution des commanditaires est décrétée, un commando du Mossad missionné pour les traquer et les éradiquer. C’est cette traque que raconte le film Munich.

Éviter les pièges du sensationnalisme

Aux commandes de ce projet, un Steven Spielberg qui marche sur des œufs. C’est que cette traque, très peu documentée, relève du secret d’état. A la source du scénario, l’ouvrage du journaliste George Jonas, Vengeance: The True Story of an Israeli Counter-Terrorist Team. Publié en 1984, ce livre mêle réalité et fiction pour tenter de reconstituer ce parcours de mort. Spielberg ira également consulter les archives d’époque, le négociateur et spécialiste du conflit israélo-palestinien Dennis Ross.

Objectif : rendre compte de ces événements avec autant de vraisemblance que possible tout en évitant les pièges du sensationnalisme. Cette approche permet de nous plonger dans l’atmosphère particulièrement tendue des années 1970, avec à la clé une réflexion sur le recours à la violence d’état, ses répercussions psychologiques et morales. Car aucun des membres du commando ne sortira indemne de l’aventure.

Des choix éthiques complexes

De prime abord, Munich s’inscrit dans le genre du thriller d’espionnage. Les scènes d’action sont tendues et réalistes, le quotidien de ces tueurs clandestins documenté avec cohérence. Réseaux secrets, zones d’influence, quête complexe de renseignements, très vite les chasseurs sont eux-mêmes chassés. Petit à petit, tandis que leur mission progresse, les protagonistes s’avèrent vulnérables, fragiles. Ils s’épuisent, doutent, coupés qu’ils sont de leurs familles, de leurs racines. Seuls.

C’est là que Munich sort du cadre du divertissement pour explorer une dimension humaine particulièrement poignante. Contraints au secret, ces hommes sont confrontés à des choix éthiques particulièrement complexes. Traumatisés par le massacre du 5 septembre 72, ils vont voir leur colère se transformer, leur carapace se fendre.

Un cycle de violence et de culpabilité

Quid de cette brutalité ? Débouche-t-elle sur quelque chose de constructif ? Munich n’apporte aucune réponse, son mérite est de poser la question. Ainsi le film de Spielberg nous invite à une réflexion sur les conséquences et les limites des représailles. La quête de justice peut parfois déshumaniser ceux qui la poursuivent, les entraînant dans un cycle sans fin de violence et de culpabilité.

Par ailleurs, le récit de Spielberg, remarquablement servi par un casting brillant (Eric Bana, Michael Lonsdale, Daniel Craig, Mathieu Kassovitz, Ciaran Hinds, Hanns Zischler, Yvan Attal, Mathieu Amalric … ) souligne la difficulté de traiter un événement aussi traumatique. Le film ne prétend pas offrir une vérité absolue, mais plutôt une interprétation humaine des faits. Cette approche reflète la complexité de la mémoire collective, où les récits sont souvent fragmentés, influencés par des perspectives personnelles et politiques.

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Dauphine De Cambre

Posted by Dauphine De Cambre

Grande amatrice de haute couture, de design, de décoration, Dauphine de Cambre est notre fashionista attitrée, notre experte en lifestyle, beaux objets, gastronomie. Elle aime chasser les tendances, détecter les jeunes créateurs. Elle ne jure que par JPG, Dior et Léonard.